Le sentier de la Chasse [Lune d'Antan]
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Le sentier de la Chasse [Lune d'Antan]

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Mer 20 Juin - 14:22
Une brindille craqua, brisant le silence recueillant de la Forêt Endormie.

Firmament Cendré s'était figé, la patte fautive innocemment posée sur la brindille martyrisée. Le Loup tentait de se convaincre que son imagination débordante lui avait joué un tour, qu'il avait halluciné ce bruit tapageur. Que lui, jeune Guerrier de la Meute du Temps, si fier de sa prudence et de son pas d'ombre, ait pu agir tel un Louveteau tellement surexcité par sa première chasse qu'il en avait le pas sautillant et pesant.

Le jeune Loup se morigéna en silence, reprenant sa marche avec un pas plus digne de son âge et de son rang. Certes, il n'allait pas chasser avec n'importe qui en ce jour, car le Chef lui-même l'avait convié à traquer des proies à ses côtés, mais tout de même... ce n'était pas une raison pour se ridiculiser.
Si Pelage Nuageux venait à apprendre cet impair, elle le sermonnerait férocement pour son imprudence. Ou bien, elle rirait de sa joie enfantine, vu qu'il se trouvait sur les terres protégées de leur Meute. Il ne savait jamais vraiment trop avec sa mère.

Il n'empêchait que tout devait être parfait. Lune d'Antan l'avait convié à la Clairière Arc-en-Ciel, et il connaissait tous les recoins de la Forêt Endormie sous le bout des griffes. Autant mettre le hasard de son côté. Relevant la tête, Firmament Cendré huma les odeurs que lui rapportait le vent, pour s'assurer que tout était bien en ordre, à sa place, et qu'il n'y aurait pas une surprise malheureuse de cet impertinent hasard.

Il devait hâter le pas.

Oh ! Il n'était pas en retard, loin de là, mais il ne voulait pas risquer que Lune d'Antan arrive le premier et se retrouve à l'attendre dans la solitude de la clairière. Ça ne serait vraiment pas une bonne image de lui à renvoyer à son Chef.

A cette pensée, une autre survint aussitôt : quelle proie cherchait donc Lune d'Antan ? Un cerf, peut-être. Non. Les grands cors ignoraient le plus souvent la Clairière Arc-en-Ciel, trop exposée. Et puis, deux chasseurs pour une telle proie, dont les sabots pouvaient tuer un Loup adulte, c'était trop peu pour prendre inutilement le risque. C'était plutôt du petit gibier que Lune d'Antan devait avoir en tête.

Le jeune Guerrier salivait rien qu'à l'idée de refermer ses crocs sur une perdrix, ou un faisan, ou tout autre de ces volatiles juteux ; et avec du miel de préférence. Un lapin ou un lièvre ne serait pas non plus de refus ; un rongeur ne serait qu'un amuse-bout, même si aucun Loup ne bouderait un dodu lemming. Avec quelques baies, ce serait encore meilleur, s'il en trouvait encore. Il n'avait pas mémorisé les lieux de pousse des baies de printemps, seulement celles d'hiver, ses préférées.

Firmament Cendré marqua la pause une demi-seconde de gémissement avant de reprendre son trot souple et rapide. Son pelage gris cendré ne lui était d'aucune utilité au milieu des fleurs multicolores de la Clairière Arc-en-Ciel, tout au contraire. Il ne devait pas oublier de faire du vent son puissant allié pour éviter de se faire repérer.

A la réflexion, peut-être avait-il le temps d'aller se rouler dans de la boue ou de la poussière, ou dans un mélange des deux, avant de rejoindre le lieu de rendez-vous.

Ou pas.

Il venait d'arriver à la lisière de la Clairière Arc-en-Ciel. Qu'à cela tienne, il n'était plus un louveteau incompétent qui se ferait aussi aisément remarquer par une proie. Il ne prendrait pas inutilement le risque d'être en retard.

Alors Firmament Cendré pointa son long museau marqué d'un liseré noir vers le haut et renifla discrètement à la recherche de l'odeur de son Chef.
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Ven 22 Juin - 15:51
-Bon, cette fois-ci, je vais y arriver.

Revenant de mon entrainement quotidien à la Montagne Figée, je décidais comme toujours  de me délasser aux sources chaudes. Comme tous les matins, au même moment, tous les autres loups de ma meute s'étaient retirés des sources en m'apercevant au loin. Ils savaient que je désirais être seul lorsque je venais aux sources. Il y avait plusieurs raisons à cela , que je n'avais jamais expliqué aux autres,n'ayant pas besoin de me justifier à cause de mon rang. M'enfonçant lentement dans les eaux en mouvement, je sentis mes muscles raidis par les efforts que je leur avais demandés, se décontracter de minute en minute. Je m'enfonçais dans la masse bulleuse jusqu'à ce que mes épaules soient submergé puis je m'immobilisais un instant en apercevant un louveteau sur un rebord.

Il était en train de me toiser avec des yeux remplis de curiosités. Presque aucun loup ne m'avait vu dans l'eau et encore moins nager. Ne désirant pas qu'il  fasse partie de ces ''privilégiés'', je le fixais d'un regard sévère, avant de grogner. À cause de la roche qui entourait les sources, cet endroit resonnait plus que la normale, rendant mon avertissement  plus impressionnant  que ce que je voulais. Le louveteau déguerpit en glapissant, effrayé . Je soupirais, me disant que j'aurais dû peut être m'y prendre autrement . Bien souvent j'effrayais les jeunes loups, que ce soit à cause de ma voix grave ou de mon imposante carrure. Sachant pertinemment qu'il allait survivre à  mon manque de tact, je me concentrais sur mon réel objectif:Nager.

Je m'élançais dans là où mes pattes ne touchaient plus la roche lisse du fond, faisant des grands clapotis pour maintenir ma tête à la surface. J'étais un trop bon pêcheur, à condition que ma proie sillonne les bords des fleuves. Si par malheur je devais m'aventurer là où je n'avais plus patte, je devenais pataud et maladroit. À chaque fois que je battais des pattes, j'éclaboussais tout ce qu'il se trouvait autour de moi. Comme un louveteau qui apprenait à nager, j'avançais à une allure presque ridicule comparée à tous les efforts que je fournissais. Depuis quelques temps, je tentais de devenir bon nageur, sans pour autant vouloir de l'aide d'un autre loup. J'avais en quelque sorte honte d'être si peu à l'aise dans l'eau. Ayant toujours tout donné pour devenir chef, j'avais complétement mis de côté les jeux et les loisirs, jusqu'à peu.

-Je n'y arriverais pas seul.

Je tentais plusieurs techniques de nage, mais toutes mes tentatives étaient vaines. Voyant que je n'y arriverais pas seul, je décidais de sortir de l'eau. Tant que je ne me déciderais pas à trouver quelqu'un pour m'aider à nager, je serais bloquer au même niveau. Je ne savais pas si j'étais prêt à montrer mes lacunes à quelqu'un de ma meute, ayant honte de moi. Il ne fallait pas non plus que je m'épuise pour rien, car j'avais une tache importante à faire aujourd'hui : Évaluer un jeune guerrier du nom de Firmament Cendré.  

Prenant le chemin le plus court pour rejoindre le lieu de rendez-vous, je m'ébrouais en longeant la lisière de la forêt endormie pour évacuer toutes l'eau sur mon corps. Mes poils ébouriffés sur mon dos, faisaient ressortir davantage mes nuances de roux et de brun .  Cela me donner un air plus massif que la normale ou peut-être, je ressemblais plus à une brebis avec toute sa laine. L'idée me fit sourire intérieurement, sans que j'affiche la moindre émotion concrètement. Cependant, je fini par interrompre mes comparaison avec d'autres animaux en sentant l'odeur du guerrier dans les parages. Je l'aperçus ensuite un peu plus loin, me dirigeant vers lui pour le rejoindre. Je m’arrêtais à sa hauteur avant de commencer:

-Bien le bonjour Firmament Cendré. Je hochais ma tête en guise de salutation , le fixant de nouveau de mon regard bleu-gris :
Comme tu le sais, nous allons chasser ensemble aujourd'hui. Je ne suis pas là pour te mettre à l'épreuve, mais plutôt pour voir le rôle qui te convient le mieux lors d'une chasse en groupe.  Je me tournais pour lui montrer une direction plus au Nord : Nous devrions commencer par là-bas. J'ai décelé une odeur de chevreuil .


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Ven 22 Juin - 20:11
Firmament Cendré retenait plutôt bien la joie qu'il ressentait. Il était arrivé avant Lune d'Antan, ce qui le rassurait, il ne s'était pas fait attendre. Pour autant, il était sûr que son excitation se voyait à peine ; juste un tressaillement de la queue, et quelques changements d'appui ici et là. Non. Il ne sautillait pas sur place, même s'il en était proche et se retenait du mieux qu'il pouvait.

Lune d'Antan était quand même impressionnant, plus massif que n'importe quel Loup qu'il connaissait. Firmament Cendré était lui-même plus haut sur pattes qu'autre chose, un coureur endurant plus qu'un poids lourd, tout comme sa mère, Pelage Nuageux. Et ses souvenirs de son père lui racontaient que Vent Nuit n'avait pas été un mâle d'une grosse carrure. Le regard ambré du jeune Loup se perdit dans les volutes brunes et rousses, dont la chaleur était renvoyée par les rayons du soleil, de la fourrure touffue de Lune d'Antan, visiblement humide, qui lui faisait comme une parure laineuse. Quelle chance d'avoir un poil si lustrant au début de l'été.

Le pelage de Firmament Cendré venait à peine de finir de muer, il avait encore quelques touffes de vieux poils à moitié arrachées, et même un ou deux tocs, qui l'agaçaient prodigieusement. A son instar, sa fourrure préférait l'agréable embrasse enneigée de l'hiver ; peut-être y avait-il contribué à force de passer ses hivers au milieu de la neige. Mais, qu'il se rassure, il avait vérifié sa fourrure avant de partir vers le lieu de rendez-vous et aucune de ces détestables boules de poils morts n'avait pu se former en si peu de temps.

Sitôt son Chef à sa hauteur, le jeune Guerrier abaissa sa queue, son échine et ses yeux en guise de respect. A l'entente de son nom, il ne put s'empêcher d'agiter brièvement sa queue et de répondre sur un ton teinté d'admiration et d'entrain.

- Bonjour, Chef.

Sa voix était aussi posée qu'il l'avait voulu, sans montrer son excitation intérieure, qui ne tarda pas à se calmer en écoutant les objectifs de Lune d'Antan. Firmament Cendré était déterminé à démontrer sur le terrain ses capacités de chasseur en coopération, même s'il devait s'avouer étonné du choix de la proie pour une première chasse en duo.

Il n'avait pas prévu dans ses plans le chevreuil. Une déception passagère se fraya un chemin dans sa réflexion à l'idée de ne pas se régaler avec un délicieux oiseau au miel ; mais il s'était affamé tout seul, à saliver pour une proie imaginaire. Un autre point l'intriguait nettement plus dans le choix de Lune d'Antan. Les chevreuils étaient en pleine période de rut, les mâles se disputaient les femelles et attaquaient tout ce qui bougeait et n'était pas une chevrelle. Certes, ces petits cervidés étaient moins dangereux pour un Loup, surtout de la corpulence de Lune d'Antan, qu'un grand cerf, mais un chevreuil en rut, ce n'était pas non plus un adversaire à sous-estimer.

Mais, en y réfléchissant, cette situation pouvait aussi s'avérer propice à des chasseurs avisés.
- C'est la saison des amours chez les chevreuils, Chef. Ils frottent leurs cors les uns contre les autres et se blessent pour leurs femelles. Même si nous ne sommes que deux, nous pourrions profiter de cette faiblesse pour capturer un mâle. Les femelles sont peut-être plus petites et moins dangereuses, mais elles seront bien gardées.

Firmament Cendré garda par-devers lui qu'avec l'été qui n'était pas encore énormément entamé, les jeunes mâles devaient être encore plus que vigoureux, alors que les plus âgés devaient déjà s'être fatigués et être hors de course par une quelconque blessure. Lune d'Antan, par son expérience et son rang, devait certainement y avoir déjà pensé. Il ne lui ferait pas l'affront de développer ce qui était logiquement déductible de sa proposition.

Son instinct lui dictait de mener la poursuite, grâce à sa vitesse et son endurance, combinée à une connaissance du terrain, pour rabattre la proie jusqu'à Lune d'Antan qui, par sa force et sa masse, pourrait aisément interrompre la course de leur proie en lui sautant à la gorge.

Mais il ferait comme Lune d'Antan déciderait de faire et attendait donc calmement ses ordres quant à la suite.
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Jeu 28 Juin - 16:15
Ayant du mal à cacher sa joie, j'en conclus que Firmament Cendré être heureux de participer à cette chasse. Ce qui était plutôt positif, ayant déjà participé à des chasses avec des loups très anxieux au point de trembler avant même de commencer. Il semblait même être en possession de tous ses moyens, faisant preuve d'une grande lucidité en expliquant son point de vue sur les chevreuils. Il avait parfaitement raison, nous allons profiter de ce rassemblement de cervidé et de leur instinct de reproduction pour en tuer un. Nous n'allions pas nous attaquer aux femelles ni aux trop jeunes. Il fallait garder un équilibre, pour avoir des proies toute l'année.

-Ta constatation est très juste Firmament Cendré.  Je fixais un instant le loup au pelage sombre , montrant de façon à peine perceptible que j'étais ravi . Nous allons profiter de cet attroupement pour choisir un mâle affaibli. Mais d'abord, nous allons nous rapprocher d'eux en les pistant.

Je me dirigeais d'un pas vif et solide vers le Nord, faisant signe à Firmament de me suivre. Je m’arrêtais là où des traces de de cervidés commençaient . Je flairais la surface du sol en faisant virevolter quelques feuilles à cause de mon souffle, analysant l'odeur avec précaution. Apparemment ils étaient plus nombreux que l'année précédente et devaient s'être dirigés comme à leur habitude près de la lisière de la forêt. Nous allons  forcer l'un d'entre eux à se rabattre à la prairie, là ou il n'y aurait aucun obstacle à notre chasse.Puis le séparer du reste de l'attroupement était moins dangereux.

-Suivons leur trace en longeant la forêt. Dès que arrivons à leur lieu de rassemblement, nous nous séparerons.

Je continuais de marcher d'un pas plus léger, même si c'était difficile dans mon cas. J'avais beau être agile, j'avais du mal à être furtif à cause de mon gabarit. Mon poids et ma taille était facilement repérable. Il fallait que je redouble d'efforts, ayant comme seul avantage ma fourrure multicolore qui me permettait de me fondre partiellement dans le paysage.  Firmament Cendré lui devait avoir un sacré avantage durant la nuit, c'était même certain. Par contre, l'Hivers, cela devait l'handicaper un peu.Une fois ces quelques constatations de faites, je me concentrais de nouveau sur notre objectif. Je m’arrêtais pour parler avec Firmament, voyant maintenant le groupe de cervidés au loin :

-Je pense que nous sommes assez proches. Je vais me cacher ici. Prenez position dans la forêt au  Nord. Une fois que vous aurez choisi la cible, rabattez là vers moi .

Avant de choisir un emplacement propice à une embuscade, je me dis que je devrais peut-être demander certaines choses à Firmament Cendré. Il avait beau avoir les connaissances nécessaires pour une chasse, il pouvait très bien ne pas être assez préparé. C'était la première fois que l'on chassait ensemble, nous devions nous écouter l'un l'autre pour pouvoir avoir une coordination parfaite. En lui disant comment agir, je voulais savoir s'il pourrait tenir l'un des  rôles les plus important lors d'une chasse. C'était celui qui choisissait et qui séparer la proie du reste du groupe qui avait la plus grosse responsabilité.  

-Êtes-vous prêt  pour cette tâche ? Si vous ne pensez pas réussir, c'est que vous allez échouer. Dis-je calmement, explicant le fond de ma pensée : S'il le faut, prenez votre temps. La clés du succès, c'est d'être sûr de soi. Lorsque vous le serez, foncez.

PS:Je pense que tu devrais  utiliser le dès de chasse pour proie moyenne avant de répondre, pour savoir si tu as réussi ton action ou non ^^


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Jeu 28 Juin - 19:04
Il y avait un léger éclat ravi dans les yeux de Lune d'Antan, et il réchauffa le cœur du jeune Loup d'un intense sentiment de fierté. Lune d'Antan ne pourrait que reconnaître ses capacités pour la chasse. Tout aussitôt que cette pensée lui traversa l'esprit, la voix de Pelage Nuageux la taillada de son ton acéré :

« L'arrogance tue un Loup bien plus souvent que les crocs du froid, de la faim et des Loups. Prends-y garde, mon Louveteau, si l'arrogance envahit ton cœur, elle te perdra. ».

Firmament Cendré se rappelait de cette nuit au croissant de lune où sa mère avait été si esseulée et mélancolique. Une saison plus tôt, Vent Nuit avait sombré dans le Lac de Glace, mais il y avait autre chose que cette vieille douleur dans les yeux fauves de Pelage Nuageux ; un souvenir sombre qu'elle n'avait pas partagé avec lui.

Le murmure du conseil maternel chassa ce sursaut de fierté, plus qu'inadéquat au regard de son jeune âge, avant qu'il ne soit perceptible. Il savait qu'il devait rester humble pour reconnaître ses faiblesses et les diminuer par l'expérience et la sagesse ; la témérité de son père lui avait au moins appris ça.

Firmament Cendré emboîta calmement le pas de Lune d'Antan lorsqu'il prit la direction du Nord, trottinant sciemment sur ses traces, par une habitude bien ancrée. A distance de deux queues de Loup, il avait largement la place pour relever la tête et surveiller le vent et les odeurs qu'il charriait. Comme il se doutait, en connaissant les habitudes des chevreuils du Bois Endormi, ils se dirigeaient vers la lisière de la forêt où les bêtes avaient formé une harde autour de laquelle les mâles gravitaient et se battaient pour les femelles.

Si son instinct ne le trompait pas – et il ne l'avait pas induit en erreur plus tôt – l'idée de Lune d'Antan serait de repousser la proie choisie vers la prairie pour la forcer à s'enfuir à découvert, là où aucun obstacle ne pourrait la cacher ou gêner la course de son poursuivant. Justement, le Loup qui allait mener le rabattage allait devoir faire montre d'une grande endurance, et d'autant de vitesse.

A l'idée que ce rôle lui incomberait, Firmament Cendré marqua quelques secondes d'arrêt. Ses pattes n'étaient pas fatiguées, la soif ne le tenaillait pas, et son cœur battait vigoureusement, sans lassitude.

Il était prêt à courser du chevreuil.

Les questions de Lune d'Antan le prirent donc par surprise. Firmament Cendré n'avait pas encore l'habitude de mener une chasse avec un autre partenaire que sa mère ou son mentor. Il n'avait fait qu'observer diligemment les autres Loups de la Meute, pour apprendre avec les quelques gouttes de leur expérience qui retomberaient sur ses yeux de spectateur.

Mis devant l'imminence de la mise en pratique, l'appréhension envahit son cœur, flétrissant son assurance.

Avait-il bien tout prévu ? Avait-il pris en compte toutes les données à sa disposition ? Avait-il...

Il coupa d'un féroce grognement intérieur la récrimination de ses doutes. Il savait qu'une chasse était plus souvent un échec qu'un succès et qu'un vieux Loup expérimenté avait plus de chance de rentrer victorieux d'une chasse qu'un jeune Loup fougueux.

Firmament Cendré releva la tête vers Lune d'Antan, ses yeux ambrés éclaircis de tout nuage de peur par la connaissance sereine d'une certaine vérité :

- Si j'échoue, j'apprendrais les raisons de cet échec. Si je réussis, j'apprendrais aussi, mais nettement moins. Parce que l'échec est plus formateur que le succès, puisqu'il invite à réfléchir, et forge donc une expérience sur ce qu'il ne faut pas faire.

Pour autant, le jeune Loup ne voulait pas échouer, pas devant Lune d'Antan.

- Mais, Chef, je ne laisserai pas la peur me lier les pattes.

Sur ces mots, Firmament Cendré s'élança entre deux taillis, ombre parmi les ombres de la forêt. Son poil ras d'été était nettement plus sombre que la blancheur qui teintait sa fourrure épaisse d'hiver, qui ne laissait plus que ses pattes noircies. Il serait camouflé jusqu'à atteindre la prairie, et une fois là-bas, il n'y aurait plus de raison de se cacher.

Contre le vent, il trottina jusqu'au nord de la forêt en surveillant les chevreuils. Il avait repéré plusieurs mâles blessés, mais tous étaient jeunes et vigoureux, et leurs blessures n'étaient pas assez encombrantes pour amoindrir leur férocité due au rut. A son grand regret, il n'avait perçu aucune bête malade, sauf une vieille femelle, qui s'était réfugiée au milieu de la harde ; inaccessible.

Ce ne fut qu'une fois arrivé à la position prévue qu'il trouva ce qu'il cherchait. Deux chevreuils mâles s'étaient éloignés du gros de la harde. Harassés par la rixe qu'ils venaient de livrer l'un contre l'autre, ils paissaient tranquillement en se surveillant du coin de l’œil. Leurs flancs agités et la sueur qui collait à leur pelage témoignaient de leur fatigue.

L'un était plus âgé que l'autre. Plus expérimenté aussi. C'était lui qui avait remporté leur combat, si Firmament Cendré devait en croire les blessures récentes du jeune mâle. Mais aucune n'avait été réellement dangereuse et les os fatigués du vieux mâle rendaient son pas pesant et raide. Le jeune mâle était donc plus vigoureux et plus en forme pour échapper à un Loup. Quant au vieux mâle, ce n'était pas encore une vieille carne, sa viande serait encore juteuse.

Firmament Cendré ne bougea pas tant que le jeune mâle fut le plus proche de sa cachette. Il attendit que, reposé, il brame vers les femelles et s'y dirige d'un pas sautillant. Le vieux mâle tenta de l'arrêter mais il ahanait encore visiblement et ne trouva pas son compte à poursuivre son rival sur l'instant. Il était désormais seul, isolé et amoindri.

Sans hésiter, le jeune Loup jaillit des fourrées pour filer vers le chevreuil.

Au même instant, une brusque bourrasque tourna le sens du vent, si vivement que Firmament Cendré ne put la prévoir ni l'anticiper. Son odeur frappa de plein fouet le chevreuil qui releva la tête d'un air affolé. Son brame fut tel que les oiseaux de la forêt s'envolèrent en craillant leur mécontentent d'être dérangé. La harde s'agita en un tonnerre de sabots foulant le sol.

Firmament Cendré couina en stoppant sa charge, pilant des quatre pattes en un dérapage peu gracieux. Le vieux mâle ne s'enfuyait pas, comme il l'aurait cru. Inquiet pour ses femelles, il avait décidé de faire front avec ses cors acérés par les saisons et les combats.

Le premier assaut fut facile à esquiver. Il n'était qu'un avertissement qui ne se fatiguait pas mais qui avait le mérite d'être clair : si Firmament Cendré s'approchait, ça allait être à ses risques et périls.

Mais il ne pouvait pas décevoir Lune d'Antan !

Quel idiot avait-il été d'oublier à la dernière seconde de vérifier le vent alors qu'il n'avait cessé de le surveiller. N'avait-il pas pensé que le vent était aussi volage qu'il était invisible ?

Mais il ne pouvait pas abandonner.

L'échec mène à réfléchir. Qu'il réfléchisse donc. De quelle façon pourrait-il reprendre l'ascendant ? Si la proie avait été un grand cerf, il aurait déjà tourné les pattes. Mais il ne s'agissait que qu'un chevreuil, vieux, fatigué, blessé, et surtout dont la prudence avait été annihilée par l'affolement du rut.

Tout en sautillant pour éviter les coups de cors et de sabots du chevreuil, Firmament Cendré recula patte par patte vers la prairie. Au moment où il vit que le vieux mâle s’aperçut qu'ils s'écartaient de la harde, il bondit sur le côté pour le contourner, n'évitant qu'à moitié la défense du chevreuil.

L'impact avec le sol lui coupa la respiration deux secondes mais son plan avait fonctionné. Le vieux mâle, paniqué par son isolement, avait repris ses vieilles habitudes de défense : il s'enfuyait à toute allure au milieu de la prairie.

Et prenait une belle avance.

Firmament Cendré gronda entre ses crocs, frustré. Il ne laisserait pas ce chevreuil de malheur lui échapper. Pas après tout ça, pas devant son Chef, pas pour cette chasse. Le jeune Loup sauta sur ses pattes et s'élança en de grandes foulées de course sur la trace du chevreuil. Il ne le rattraperait pas, pas avec un tel retard, pas seul, sans autres Loups pour ralentir la proie. Mais se sentant poursuivi, même à distance, le chevreuil continuait de courir tout droit, aveugle, sans discernement d'où il allait dans sa fuite ; d'un autre côté, Firmament Cendré non plus n'avait aucun contrôle sur sa trajectoire, loin d'avoir un rôle de rabatteur avec la distance qui le séparait des jarrets du chevreuil.

S'il pouvait simplement réussir à le rattraper... Agrandir les foulées. Encore. Encore... Il y était presque...

La douleur aiguë d'un caillou entre ses coussinets le fit sauter et perdre sa foulée, manquant de se réceptionner avec la truffe dans la terre. Il gronda un souffle rageur, parce qu'il avait presque réussit à s'approcher à un Loup de distance de ce maudit chevreuil, et reprit sa course. Même s'il abandonnait l'idée de le rattraper maintenant, lui-même commençant à fatiguer de cette poursuite.

Il devait garder en tête de réserver ses forces pour le corps à corps final, s'il avait lieu. Même s'il incomberait à Lune d'Antan de donner le coup de grâce, il devait être apte à l'aider en assaillant de l'autre côté le chevreuil.

Il ne restait plus qu'à prier la Meute des Étoiles que Lune d'Antan réussisse à rattraper son erreur...
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Ven 29 Juin - 15:24
J'évaluais Firmament Cendré au travers de ses mots et de ses expressions, gardant une façade neutre comme à mon habitude.J'écoutais ses propos sur l'échec en restant silencieux, me demandant s'il avait bien accepté cette réalité. Certains Anciens disaient même que l'on ne perd jamais dans la vie, mais on apprend. En perdant une patte, on apprenait à marcher à trois et ainsi de suite. Si ces conseils sur la vie se révélaient être justes pour la plupart des cas, pouvions-nous dire que l'on ne perd pas quelque chose quand même ? Notre innocence n'était elle pas une des seuls chose que l'on pouvait éteindre définitivement ? On pourrait dire qu'elle se transforme en maturité , grâce à l'age et à l’expérience. Pour ma part, je l'ai sacrifier presque en même  temps  qu'elle était née.

La mort de mes parents m'avait fait prendre une décision alors que je n'étais qu'un louveteau. Devenir un alpha était devenu ma seule priorité, au point que je ne vis pas que mon frère s'était détourné de la meute. En décidant d'abandonner volontairement mon enfance et ma relation avec mon frère, j'avais choisi mes priorités, pour qu'aucun autre loup n'y soit obligé. Je désirais plus que tout de protéger tout le monde, ayant renoncer à tout le reste .Même lorsque l'on choisit certains de ses échecs, on était jamais vraiment prêt.

-Vos paroles sont sages, bien que seul le temps nous permette de bien les comprendre.

Dis-je en plongeant mon regard couleur glacier dans ceux de Firmament Cendré. Oui, il aurait tout le loisir de voir les différentes facettes de l'échec, mais je ferais de mon mieux pour qu'il ne voie pas certaines d'entre elles. Je me battais chaque jour pour qu'aucun loup ne soit blessé, physiquement ou non. Mais là, à cet instant présent, je n'avais pas besoin de la protéger. Je cessais de le fixer, pour pouvoir jeter un dernier coup oeil au loin, histoire de vérifier qu'aucun autre prédateur que nous soit dans les parages . Il pouvait arriver que ce genre de situation apparaisse, surtout lors de tel regroupement de proie. Je me retournais lorsque le loup noir me dit qu'il ne se laisserait pas submergé par la peur.

-Garde en toujours un peu, elle est beaucoup plus utile qu'il ne paraît. Bonne chance .

Le guerrier parti ensuite rejoindre sa position, sous mon regard bienveillant. La peur pouvait aussi bien être un obstacle qu'un levier, selon comment on réussissait à la diriger. Laisser la peur nous envahir pouvait nous paralyser comme décupler nos sens et notre instinct. Il fallait trouver un équilibre pour s'accorder avec elle et non la bannir. Sans peur, nous ne pouvons voir les choses sur tous ses angles. Ne désirant pas plus méditer là dessus du fait que Firmament Cendré venait d'atteindre la position voulu, je me concentrais de nouveau sur la chasse.

Couché derrière un tronc d'arbre, je m'immobilisais, silencieux. Les yeux mis clos, je semblais inébranlable comme un roc, me fondant dans le paysage qui éclos chaque jour un peu plus. Certaines fleurs tardives pointaient leurs bourgeons, prêtes à éclore d'un moment à l'autre. Le sol, rempli d'odeur de la forêt et ses habitants se mêler au parfum de la flore environnante. Même si mes muscles étaient pour le moment au repos, je sentais chaque fibre de mon être se tendre, prêt à réagir. Sans perdre de vue Firmament Cendré des yeux, j'essayais de savoir qu'elle cible il allait choisir. Tout semblait bien se dérouler, jusqu'a ce que je perçoive  un mouvement à peine perceptible devant les pattes du guerrier. Des herbes s'étaient couchées par une force invisible , pointant leur tige vers le Sud. Je compris à ce moment là que la chasse allait être compromis.

-Le vent tourne, il va se faire repérer.

Dis-je dans un murmure à peine perceptible, voyant que le regard de Firmament Cendré était resté posé sur le chevreuil qu'il avait repéré. Ne sachant pas s'il allait s'en apercevoir à temps, je me relevais pour me rapprocher de lui, pour pouvoir agir plus rapidement. Malheureusement, il suffit que je me mette sur mes quatre pattes pour qu'il s'élance vers sa proie. Il se stoppa en s'apercevant de la direction du vent, faisant face au cervidé. Je me mis à courir en restant  à couvert avec la forêt qui entourait la prairie, fauchant les fleurs sur mon passage qui éparpillèrent leur pétale sur mon sillage. Je voulais rapidement le rejoindre, craignant qu'il ne se fasse éventrer par le chevreuil qui lui faisait front. Tandis qu'il évitait les attaques du vieux mâle, je demandais à la meute des étoiles de le protéger.

C'est alors que le chevreuil prit de panique du fait qu'il soit aussi loin de ses compères, décida de prendre la fuite. Il bouscula Firmament Cendré qui tomba mais se releva sans aucune blessure apparente. Décidé à ne pas abandonner aussi vite, il poursuivit le chevreuil. Je sortis alors de la pénombre sans cesser ma course, me dirigeant vers le cervidé qui tentait de rejoindre la harde.  Malgré mes efforts et ma cadence , je vis que je n'avais pas la moindre chance de rattraper le vieux mâle. Au contraire, dans le meilleur des cas, je provoquerais la panique dans le groupe de chevreuil qui éclaterait dans toutes les directions si je les rejoignais. Dan la pire des situations, nous nous ferions attaqué par tous les mâles à cran à cause de la période de reproduction. En concluant ceci, je rejoignis Firmament Cendré et m’arrêtais devant lui, sans m'apercevoir qu'il était tombé.

-Arrêtons-nous ici quelques instants. Si tu n'es pas blessé, nous ferons une nouvelle tentative.

Je m'assis en reprenant mon souffle doucement, fixant les chevreuils au loin. Je n'avais pas besoin de réprimander le guerrier ni de lui dire des conseils. Il devait savoir d'où venait son erreur qui n'en était pas totalement une . Le vent était un facteur important lors d'une chasse. Il pouvait s’avérer difficile à repérer et pouvait faire son apparition à n'importe quel moment. On ne pouvait pas contrôler cet élément de la nature qui était le plus imprévisible de tous. Je m'étais montré impassible lorsque je lui demandait indirectement son état de santé, cachant mon inquiétude. Tandis que l'on se reposé, je remerciais en silence les étoiles d'avoir veillé sur lui.

-Je ne sais pas si nous aurons une chance d'attraper un chevreuil . Le vent arrive dans plusieurs directions maintenant.Dis-je en observant les herbes bouger en tous sens. Mais j'ajoutais pour inciter Firmament Cendré d'essayer à nouveau : Mais ça vaut le coup d'essayer.


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Alors qu'il ahanait sans grâce, la langue pendant vers le sol sous la force de son souffle chaud, Firmament Cendré repensait aux paroles de Lune d'Antan sur la peur.

Lorsque son Chef s'était arrêté pour éviter que la harde ne détale en une myriade de sabots, le jeune Loup s'était laissé glisser, ou plutôt tomber, sur la terre fraîche. Malgré sa mue bien engagée, il souffrait encore de la chaleur, et pensait déjà à aller se baigner dans de l'eau fraîche dès qu'il en aurait l'occasion.

Mais cette pensée avait vite été chassée par ses récriminations intérieures. Pour une première chasse avec Lune d'Antan, quelle vivacité était la sienne ! Quelle ténacité ! Quelle intelligence !



Quelle inutilité, surtout.

Voilà qu'il était ironique envers lui-même. Mais les sarcasmes ne le mèneraient à rien, pas plus que se morigéner ne l'aiderait à comprendre où se trouvait son erreur, si elle n'était plurielle. La peur, se rappela-t-il. Avait-il été imbu de lui-même et trop confiant en ses capacités ?

Il ne croyait pas. Il ne lui avait pas semblé.

Il savait qu'il n'arriverait pas à rattraper le vieux chevreuil. Ce n'avait été qu'un sursaut de fierté que d'essayer. Mais il n'avait pas réussi à prévoir que Lune d'Antan se précipiterait vers eux plutôt qu'intercepter le chevreuil. La proie, prise entre deux Loups trop tôt, avait eu le temps de virer de bord pour galoper à tête éperdue vers sa harde où elle savait y trouver un refuge hors de portée de ses poursuivants.

Firmament Cendré ne comprenait pas le geste de Lune d'Antan. Se serait-il inquiété pour lui ? Le vieux mâle avait en effet tourné ses cors sur lui plutôt que s'enfuir dans un premier temps. Il n'osait croire que son Alpha ait eut une telle inquiétude pour lui. L'idée le remplissait d'une douce chaleur. Quel Loup ne se sentirait pas heureux et confortable en se sachant protégé par le Chef de sa Meute ? Lune d'Antan ne le connaissait pas vraiment, il ne pouvait pas deviner s'il saurait ou non faire face à un chevreuil en rut apeuré par l'odeur d'un prédateur, et n'avait pas hésité à ne pas prendre le risque mais plutôt à se ruer à son secours.

Les prochaines paroles de Lune d'Antan lui firent relever la tête, tout en confirmant sa dernière pensée.

- Arrêtons-nous ici quelques instants. Si tu n'es pas blessé, nous ferons une nouvelle tentative.

A la mention d'une blessure, sa patte le lança, comme un mauvais écho persistant. Firmament Cendré la releva pour la porter à ses yeux, mais il ne vit rien. Ses coussinets étaient d'un noir de jais et le soleil était éclatant. Son long museau s'approcha pour humer la patte endolorie. Aucune odeur de sang, aucune blessure ouverte, mais il y avait un petit caillou coincé entre deux plis de peau. Un petit coup de crocs bien placé et le malheureux bout de pierre retombé à terre. Il le repoussa sa coup de patte un brin rageur ; c'était à cause de ce maudit caillou qu'il n'avait pas réussi à atteindre les jarrets du chevreuil.

Il se remit debout d'un bond leste pour tester sa patte ; les coussinets étaient encore un peu douloureux mais rien de bien méchant. Il lui suffirait de se reposer un petit nombre de bourrasques de vent pour être prêt à repartir dans une course-poursuite.

- Je vais bien, Lune d'Antan, répondit-il doucement, n'osant croiser les yeux du mâle plus vieux. Il se sentait honteux de cette chasse infructueuse. Ses belles paroles lui semblaient en regard si arrogantes, alors qu'il n'avait pas voulu l'être.

- Je suis pl...

Il secoua la tête pour refermer sa gueule trop bavarde. Allait-il réellement se défendre pathétiquement en invoquant qu'il était plus doué pour chasser les oiseaux dodus parce qu'il avait un faible pour leur chaire juteuse agrémentée d'un peu de miel ?

Il devait se reprendre, et bien plus vite que ça !

Tout d'abord, se reposer, reprendre des forces, calmer son souffle. Apaiser ses pensées aussi, s'astreindre au calme et à la sérénité, réfléchir posément. La remarque de Lune d'Antan sur la peur lui titillait l'esprit. Elle lui rappelait quelque chose. Un conseil maintes fois répétées. Plusieurs voix s'entremêlaient dans ses souvenirs. Vent Nuit. Pelage Nuageux. Son mentor.

Ça y est, il s'en souvenait. La peur pouvait être un allié. Pas la sienne, non, mais celle de l'autre. L'idée était de retourner la peur contre son ennemi, de profiter de son affolement pour commander ses actions.

Une vive bourrasque de vent qui le frappa de plein fouet, interrompant ses réflexions avec un nuage de pollens qui le fit éternuer en frottant sa patte contre son museau. Lune d'Antan observa impassiblement ce changement.

-Je ne sais pas si nous aurons une chance d'attraper un chevreuil . Le vent arrive dans plusieurs directions maintenant.

Il regarda un moment le jeune Loup qui l'écoutait attentivement en gardant les yeux rivés vers la harde.

-  Mais ça vaut le coup d'essayer.

Firmament Cendré se rappela soudainement qu'il y avait une femelle peu en forme parmi les chevreuils. Mais au milieu de la harde. La peur...

Il pourrait essayer de dissocier la harde pour isoler cette chevrelle. Elle ferait une proie facile.

Il hésita un moment. Son idée lui paraissait un peu folle maintenant qu'elle était énoncée. Et s'il échouait, toute la harde se retrouverait affolée et éparpillée aux quatre vents.

Quant au vieux mâle...

La surprise le laissa gueule bée. Le jeune mâle qui avait déjà défié leur proie avait profité de la faiblesse de ce dernier pour le repousser loin de la harde. Il ne paraissait pas blessé plus que cela, mais son vieux corps commençait à ne plus supporter autant de stress et de fougue.

Une opportunité sur laquelle il fallait refermer ses crocs.

- Lune d'Antan... le vieux chevreuil, murmura-t-il en commençant à ramper vers l'animal qui avait abaissé sa tête pour brouter. Il s'est à nouveau éloigné de la harde. Nous pouvons l'avoir cette fois.
Il passa sous silence la fin de sa phrase : cette fois, parce que je ferais attention au vent. Il avait remarqué que les bourrasques étaient cycliques. Alors il attendit celle qui lui rebrousserait les poils de l'échine vers la gueule pour préparer son bond.

Un souffle. Deux souffles. Trois souffles...

Au dixième, il s'était élancé. Le vent avait tourné, ses poils se rabattaient vers sa queue. Il devait faire vite. S'il pouvait simplement sauter sur la croupe du chevreuil, Lune d'Antan pourrait l'attraper à la gorge.

Seulement, il n'avait que dix souffles avant que le vent ne se retourne à nouveau contre lui.

Cinq souffles.

Encore une quinzaine de foulées.

Le chevreuil s'était décalé, à sa grande horreur. La distance devenait trop grande. Il devait prendre le risque d'agrandir ses foulées et d'en être visible par le chevreuil.

Cinq souffles. Dix foulées.

Quatre souffles. Huit foulées.

Trois souffles. Six foulées.

Deux souffles. Quatre foulées.

Un souffle. Plus que trois foulées...

Il pouvait le faire !

Le vent tourna. Firmament Cendré était déjà dans les airs. Mais le chevreuil avait aussi relevé la tête en bramant.

Les crocs du jeune Loup se refermèrent dans le vide, car sa proie avait sauté sur le côté pour l'éviter. Mais il pouvait encore contrôler son horizon de fuite. Il ne tomba pas cette fois-ci en se réceptionnant sur des pattes assurées. Il mordit hargneusement les jarrets avant qu'ils ne soient hors de sa portée.

Le temps lui semblait s'être arrêté lors de ce court instant. Quelques secondes qui lui paraissaient une éternité.

Le vieux mâle s'enfuyait alors qu'il le talonnait, encore une fois. S'était-il même jamais arrêté de courir ? Il en avait l'étrange sensation. Sa gueule salivait du goût du sang qui l'imprégnait, mais il n'avait goûté qu'à quelques poils. Un goût amer qu'il espérait ne pas présager de la fin de cette chasse.

Parce qu'en définitive, le chevreuil fuyait toujours.
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En regardant Firmament Cendré regarder l'état d'une de ses pattes, je me dis qu'il y avait un souci. Elle ne semblait ni tordu ou ensanglanté, comme indemne. Mais en voyant faire mon compagnon de chasse, je compris que le problème se trouvait plus en dessous, vers les coussinets. Je me demandais bien ce qu'il faisait , gardant tout de même un oeil vers les chevreuils. Lorsqu'un cailloux tomba au sol, comme Firmament Cendré pour se reposer, je me dis qu'il n'avait pas eu de chance. Nous n 'étions jamais à l'abri d'un tel coup de la nature, qui pouvait s’avérer très douloureux.

-Je ne pensais pas qu'il  avait des cailloux dans cette plaine fleurit.

Un loup avait vite fait de s'infecter s'il ne retirait pas les corps étrangers logeaient sur lui. Les infections pouvaient être mortelles si on ne faisait pas attention. Je me disais que je devrais  demander à notre guérisseuse de vérifier s'il n'avait rien d'autre sous la patte. Mais quelque chose me disait que je m'inquiétais peut-être pour rien. Puis, il n'avait pas besoin de moi pour déterminer s'il avait besoin d'être examiner ou non. Lorsqu'il me dit qu'il était tout à fait opérationnel et sans blessure, je répondis en reprenant un souffle plus calme et régulier:

-Ravi de l'entendre. Nous allons pouvoir continuer .

Dis-je de manière neutre, maintenant certain qu'il n'avait rien. N'ayant plus besoin de me soucier de son état de santé, je pouvais de nouveau river mes yeux vers le troupeau, heureux de chasser sans que personne ne soit blessé. Je me demandais pourquoi Firmament Cendré n’avait pas fini sa phrase, ne relevant pas ses quelques mots. Il devait avoir ses raisons et voulant respecter son choix, je restais silencieux. De nouveau serein, j'analysais la configuration des cervidés, repérant le vieux mâle qui nous donnait du fil à retordre. Comme s'il n'avait rien appris durant notre course poursuite contre lui, il se mit de nouveau en retrait , devenant une nouvelle fois une cible idéale. Cependant, il allait falloir que l'on fasse attention à bien l'isoler du reste du groupe pour éviter une cohue générale.

-Oui, prenons le en chasse. Espérons que la course précédente l'ait affaibli.

Dis-je en m'accroupissant, écrasant l'herbe sous moi. Nous devions faire vite avant qu'il s'aperçoive de son erreur ou qu'il nous repère. Je suivais Firmament Cendré pendant quelques mètres,avant de bifurquer plus vers la droite, là ou de grandes graminés avaient pris place. J'avançais avec précaution jusqu'à elles, espérant que les fleurs de leur hauteur me cacheraient partiellement. Je pris ensuite position , me postant de manière à voir le loup au pelage foncé dans mon champ de vision. Je devais attendre encore un peu, profitant de ce calme pour voir les fleurs par millier pencher comme des vagues à cause du souffle du vent. Le moment était venu de rassembler une dernière fois toutes nos force, repérant un grand rocher non loin de leur position.

Lorsque Firmament Cendré s'était élancé, je m'avançais dans l'ombre rapidement, écrasant  d'un pas rapide les fleurs dans mon sillage. Le guerrier s'était bien pris, filant à toute vitesse jusqu'à notre proie. Malgré tous les efforts qu'il avait fournis et son implication, le vent malicieux fit son apparition au moment crucial, comme l'envie de bramer du vieux mâle. Mais dans son malheur, frôlant de peu le chevreuil de ses crocs, il avait fait fuir le cervidé vers le gros rock, là ou j'avais pris position. Le chevreuil contourna le rocher, sans s'attendre à ce que je lui bondisse dessus de face, refermant mes mâchoires sur sa jugulaire et le percutant de plein fouet. L'impact fut violent, faisant tomber le vieux mâle au sol , tandis que posais tout mon poids sur lui. J'eus pendant quelques instants des vertiges lorsque je secouais ma mâchoire pour maintenir ma proie agonisante, sentant son pouls disparaître. Lorsqu'il succomba à ses blessures, je me reculais, encore un peu assommé, laissant le sang s'échapper sur les fleur devenu rouges.

-Nous avons réussi. Beau travail Firmament Cendré.  

Je m'assis pour reprendre mes esprits, sentant quelques gouttes de sang tomber de ma gueule sur mes pattes rougies. La bouche entre ouverte, je respirais des grandes bouffées d'air fraiches , retrouvant mon équilibre intérieur. En réfléchissant à notre chasse, je me dis que le guerrier avait fait preuve d'une grande force et qu'il avait très bien mener l'attaque. Chaque chasse était différente, mais ce que l'on pouvait dire de celle-ci, c'était qu’elle était réussie. Puis, en le voyant faire, je saurais dorénavant comment me positionner pour être en coordination avec lui lors d'une future traque. Je ne tardais pas à la féliciter, content de notre deuxième tentative :

-Vous avez fait un excellent travail. Je n'ai même pas eu besoin de courir pour intercepter le chevreuil. Vous êtes un bon meneur de chasse.


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Ven 6 Juil - 22:41
A sa grande joie, sa patte ne lui renvoyait aucun signe de douleur alors qu'il martelait la terre de ses foulées puissantes. S'il n'avait pas réussi à blesser le chevreuil, Firmament Cendré avait néanmoins pu le détourner de la harde comme il l'avait prévu et le talonnait de près pour qu'il n'ait pas l'envie brusque de bifurquer vers les siens.

C'en était assez de le laisser s'échapper. Que la Meute des Étoiles en soit témoin, cette fois-ci, le chevreuil finirait sous les crocs des Loups de la Meute du Temps.

Son flair aiguisé ne décelait pas l'odeur de Lune d'Antan mais son instinct lui soufflait que son Chef se trouverait dans le chemin de leur proie. S'il ne sentait pas sa présence dans le vent, le vieux mâle qu'il coursait ne pourrait pas non plus deviner qu'un autre chasseur l'attendait devant lui pour arrêter sa course éperdue. Il devait faire confiance à son Alpha et continuer de claquer des dents à quelques truffes des jarrets du chevreuil. C'était là sa seule mission et il ne pouvait pas échouer au risque de compromettre leur chasse.

Ils arrivaient près d'un rocher. Inconsciemment, ou plutôt instinctivement, Firmament Cendré accéléra ses foulées, quitte à se fatiguer. Il sentait au plus profond de lui, sans trop savoir comment il en était certain, que c'était là que le dénouement de leur chasse allait se passer. Il n'avait plus à ménager ses forces mais à les jeter toutes entières dans ces dernières foulées.

S'il fut moins surpris que le chevreuil quand Lune d'Antan déboula de nulle part pour le percuter, le renversant, fermement accroché à sa jugulaire, Firmament Cendré ne put arrêter sa folle course qu'il termina dans la croupe du chevreuil. Il eut le vague réflexe d'ouvrir la gueule pour la refermer sur la chair chaude et palpitante d'une vie qui se battait pour ses derniers souffles. Le choc le secoua jusqu'au moindre petit os mais il tint bon, refermant ses puissantes mâchoires sur le chevreuil, les pattes arrières fermement ancrées dans la terre, les griffes des antérieures enfoncées dans la peau épaisse du vieux mâle.

Durant toute la lutte, il s'accrocha au risque de se briser un croc ou une patte sous les violents soubresauts d'agonie de la bête. Il ne pouvait pas lâcher sa prise, pas sans risquer que le chevreuil n'abatte un sabot postérieur sur le crâne de Lune d'Antan qui serrait sa gorge. Il devait tenir, pour aider son Chef, et empêcher les mouvements de fuite de leur proie tandis que le massif loup aux nuances brunes et rousses mettait un terme à sa vie.

Quand, enfin, il sentit les soubresauts faiblirent, Firmament Cendré relâcha lentement la croupe ensanglantée du chevreuil, la mâchoire endolorie d'avoir serré aussi fermement mais envahie par le goût délectable du sang frais. Le cœur battant d'adrénaline, le jeune Loup sauta sur ses pattes en aboyant joyeusement, le museau et la langue imbibés du fluide rougeoyant encore chaud de la vie du chevreuil.

« La Meute des Étoiles en soit remerciée, nous avons réussi ! »

Ses pensées joyeuses s'élevèrent encore durant un long souffle vers la Meute des Étoiles qu'il remercia maintes et maintes fois. Il avait tellement craint de finir cette chasse sous une note pessimiste, de se ridiculiser même, d'autant plus devant Lune d'Antan. Qu'il avait hâte de rentrer au Camp ! Non pas pour se pavaner et crier à tue-tête une victoire qui ne lui revenait pas, mais pour raconter cette formidable expérience à Pelage Nuageux. Sa mère l'avait regardé avec un regard tendre, mais inquiet, lorsqu'il avait quitté leur coin dans la Tanière des Guerriers pour retrouver Lune d'Antan. Il lui tardait de voir fleurir la fierté dans ses yeux trop souvent éteints.

A la réflexion, il pouvait tout à fait la prévenir dès maintenant. Pelage Nuageux se trouvait obligatoirement sur le territoire de la Meute du Temps, en patrouille ou en chasse, et donc à portée d'oreilles. Firmament Cendré rejeta joyeusement la tête en arrière sous son hurlement mélodieux à la note unique évoquant le vent sifflant dans une vallée encaissée entre deux montagnes. Le hurlement aux notes mélancoliques de sa mère ne tarda pas à lui répondre. Elle semblait se trouver plus haut dans la Montagne Figée.

De longs souffles plus tard, il se rappela avec gêne où il était et surtout avec qui il se trouvait et avala la fin de son hurlement avec une mine contrite. Peut-être avait-il fait fuir les autres chevreuils. Mais deux Loups seraient plus sages de se contenter d'une seule bête. Et la harde devait être trop concentrée sur ses amours pour prêter attention à son hurlement : après tout, un prédateur qui se fait entendre est un prédateur qui ne chasse pas.

La gueule encore dégoulinante de sang, le jeune Loup se rapprocha de leur proie pour la renifler, un gargouillement affamé au ventre, la queue battant follement. Mais il n'y toucha pas, se contentant de se lécher les babines et les pattes pour les laver du sang qui les maculait, tout en s'en délectant. Il mangerait plus tard. Derrière Lune d'Antan au moins, peut-être après avoir ramené la carcasse au Camp pour que toute la Meute en profite.

-Nous avons réussi. Beau travail Firmament Cendré.

Aux mots de Lune d'Antan, le jeune Loup se figea un instant, incertain d'avoir bien entendu. Puis, lorsqu'il se convainquit qu'il n'avait pas imaginé le compliment, il jappa doucement, la queue battant de nouveau, le cœur emplit de joie. Il avait tellement craint d'avoir plus été sur le chemin de son Chef que de l'avoir aidé.

-Vous avez fait un excellent travail. Je n'ai même pas eu besoin de courir pour intercepter le chevreuil. Vous êtes un bon meneur de chasse.

Le mouvement de balancier de sa queue s'accentua, même s'il se mit à gratter la terre d'une patte avant, quelque peu gêné de recevoir autant de compliments.

- J'ai simplement fait de mon mieux, Chef, dit-il en toute modestie, en mettant en application ce que m'ont appris ma mère et surtout mon mentor, Montagne Crépusculaire. Et vos mots aussi, Lune d'Antan, sur la peur, et le vent. Je n'oublierais jamais cette chasse, et l'expérience qu'elle m'a apportée.

Son jappement de rire secoua son corps endolori qui commençait à se refroidir et lui rappeler qu'il avait grignoté dans ses réserves pour cette chasse.

- Les chevreuils de cet été sont particulièrement coriaces. Celui-ci nous aura vraiment fait courir !

Firmament Cendré se baissa pour renifler la carcasse à nouveau. Il avait vraiment faim, avec l'odeur de sang frais qui les entourait, mais une certaine inquiétude le taraudait maintenant et sa queue cessa de battre à mesure que les souffles passaient.

- Avec la maladie qui a frappé les Meutes, nos rangs sont amoindris, il y a moins de chasseurs pour nourrir les nôtres. Ramenons-nous le chevreuil au Camp ?

Il pensait notamment aux plus jeunes. Scrutant la carcasse, il se demandait s'ils seraient capables de la traîner jusqu'au Camp à eux deux. Il était endurant, et Lune d'Antan devait avoir autant de force que sa carrure le supposait.

Attentif, le jeune Loup tourna ses yeux ambrés vers son Chef, ne croisant pas son regard par respect, et attendit de savoir ce qu'il en pensait.
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Lun 9 Juil - 15:34
Tout en reprenant mon souffle, je me demandais si ce chevreuil serrait assez lourd pour nourrir la meute. Je savais qu'un autre groupe de chasseurs était en train d'affluer plus au Sud, mais rien ne me garantissez qu'ils allaient parvenir à tuer quoi que ce soit. A peine nous venions de tuer cette proie de taille moyenne que je réfléchissais à comment je pourrais garantir une quantité suffisante de viande pour tout le monde. Mais en voyant l'agitation de Firmament Cendré, je me dis qu'il n'était pas le moment de réfléchir à cela, car il fallait d'abord penser au moment présent.

Firmament Cendré semblait très heureux d'avoir attrapé ce chevreuil, au point de l'annoncer dans un hurlement destiné à Pelage Nuageux. Je m'étais contenté de rester silencieux et impassible, comprenant cette certaine fougue , bien que j'aie tendance à la mettre de côté pour ma part. Ne voulant pas interférer dans leur échange, j'attendis sans rien dire, n'osant pas les couper dans leur échange. Ravi qu'il remercie la meute des étoiles quelques instants avant, je le fus d'autant plus lorsqu'il se montra humble . Il était vrai que sa mére , ainsi que Montagne Crépusculaire  n'étaient pas avares en conseils, me rappelant certaines conversations avec Firmament Cendré avec son entourage. Je n'étais pas du genre à écouter à l'entrer des tanières, mais pour pouvoir comprendre sa meute, il fallait tendre l'oreille. Il était important de savoir qui composé sa meute et quelles histoires les entourés.

-Il est vrai qu'il n'a pas été facile de le traquer.

Dis-je en fixant Firmament Cendré, me rendant compte que l'on avait fait une très bonne équipe. En  chassant ensemble, j'avais appris de mon côté qu'il pouvait prendre la tête d'un groupe et peut-être même, devenir mon lieutenant . Je ne savais pas encore son avis là-dessus , me demandant si ce poste à grande responsabilité l’intéressé. Mon ancien bras droit avait dû partir à cause de la maladie, comme de nombreux loups qui n'étaient pas seulement de la meute du Temps . Le guerrier qui se tenait devant moi me rappela cette dure réalité, me demandant ce qu'il allait advenir du chevreuil que l'on venait de tuer. Mon regard se posa au loin, en direction de notre camp, tandis qu'un air pensif était visible sur mon visage. En perdant autant de chasseurs, il fallait que l'on redouble d'effort pour assurer la pérennité de la meute. C'est donc calmement que je demandais au guerrier au pelage foncé :

-Je vous laisse amener la proie au camp et vous restaurer en premier Firmament Cendré. Vous gérerez également la meute durant mon absence.

De cette manière, je voulais qu'il comprenne que je lui laisser les rênes de la meute, car je comptais encore chasser quelques proies durant ce temps. J’espérais qu'ainsi, il verrait que j'ai confiance en lui et qu'il pourrait devenir lieutenant s'il agissait comme il le fallait. Je devais aussi  obtenir quelques réponses concernant sa famille, pour pouvoir déterminer s'il était prêt à passer moins de temps avec elle, si jamais il voudrait obtenir ce rang d'une grande importance. Mais d’après ce que je savais déjà, il y avait de fortes chances qu'il parvienne à devenir mon bras droit. Surtout avec ce que j'avais vu en chassant avec lui. Il s'était montré persévérant, tenant le coup même lorsque j'avais percuté le chevreuil. Malgré ce choc, il m'avait aidé à achever le vieux mâle. Je repris la parole en regardant l'astre du jour:

-Je reviendrais au camp quand le soleil se couchera. Veillez à ce que les louveteaux et les plus vieux d'entre nous soient nourris correctement. A ce soir.

Je levais ma tête vers le ciel, hurlant avec un timbre de voix  grave, facilement reconnaissable par ma meute, pour appeler des renforts. Je ne comptais pas laisser Firmament Cendré porter seul cette proie jusqu'au camp. Avec l'aide d'autres loups, il pourrait arriver rapidement à destination, avant que des insectes pondeurs n'abime la proie. Puis cela lui permettra de ne pas user ses dernières forces en trainant un poids mort. Je finis par incliner légèrement ma tête pour le saluer puis je me dirigeais vers le Lac de la Trêve. J'allais nettoyer mon pelage souillé par le sang du chevreuil et chasser de petites proie, car en tant que chef, je devais m'assurer que tout le monde ait le ventre plein avant de dormir. J’espérais aussi que les autres chasseurs n'allaient pas rentrer bredouille et que Firmament Cendré prouverait qu'il serait un bon lieutenant. Mais seul le temps m'apportera ces réponses d'une grande importance.


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Lun 9 Juil - 22:27
Firmament Cendré ne fut pas surpris de voir Lune d'Antan se ranger à son avis concernant le chevreuil. L'esprit de son Alpha était constamment tourné vers leur Meute. Mais il ne s'attendait pas du tout à ses prochaines paroles.

- Je vous laisse amener la proie au camp et vous restaurer en premier Firmament Cendré. Vous gérerez également la meute durant mon absence.

Il se figea sur place, l'esprit emporté par la surprise, à l'entente de la première partie et la seconde acheva de le laisser gueule bée. Juste le temps d'un souffle, juste le temps qu'il réussisse à se reprendre, pour ne pas apparaître idiot devant Lune d'Antan. Dans sa tête par contre, un vide assourdissant avait chassé la moindre pensée.

- Mais, et vous... ?, sa voix se coupa sur la fin de sa phrase. Il venait de deviner que Lune d'Antan comptait chasser encore quelques proies pour nourrir la Meute plus conséquemment qu'avec un vieux chevreuil.

La responsabilité qu'il venait de lui transmettre n'était cependant pas à prendre à la légère. Son cœur se gonfla d'un sentiment malvenu de fierté, qui ne fit pas long feu devant la chaleur qui le réchauffa de l'intérieur, chassant le vide abyssal de ses pensées, à l'idée que son Alpha ait autant confiance en lui après cette première chasse. Le jeune Loup se redressa, le regard déterminé et sérieux, loin du Louveteau foufou qu'il avait laissé s'exprimer quelques souffles plus tôt lorsqu'il avait appelé Pelage Nuageux.

- Je reviendrais au camp quand le soleil se couchera. Veillez à ce que les louveteaux et les plus vieux d'entre nous soient nourris correctement. A ce soir.

Firmament Cendré hocha la tête d'un mouvement vif. Que Lune d'Antan se rassure, il ne comptait pas lui faire regretter sa décision de lui confier une telle responsabilité. Les Louveteaux, surtout, étaient au centre de ses préoccupations.

- Je ne vous décevrai pas, Chef.

Il eut un moment d'hésitation puis ajouta d'une petite voix qui n'osait pas encore s'élever fermement :

- Mais faites attention, si vous allez chasser seul.

Un Loup n'était jamais trop prudent. Firmament Cendré regarda Lune d'Antan s'éloigner vers le Lac de la Trêve puis retourna son attention vers le chevreuil. Il espérait que les renforts appelés par son Alpha ne tarderaient pas, pour éviter que la carcasse n'attire des charognards ou des concurrents. A son grand soulagement, des Loups arrivèrent bien vite en aboyant joyeusement lorsqu'ils avisèrent la proie. Avec leur force combinée, et en se relayant, ils réussirent sans peine à tirer le chevreuil jusqu'au camp situé entre les bras de la rivière qui reliait le Lac de la Trêve au Lac de Glace vers l'est et les Sources ardentes à l'ouest.

Avant toute chose, le jeune Loup trottina vers la rivière pour laver sa fourrure du sang, et trouver du courage. Sa jeunesse était encore apparente, mais il allait devoir commander les autres Loups de sa Meute. Et il ne devait pas décevoir Lune d'Antan. Des hurlements lointaines lui indiquèrent que d'autres chasseurs avaient attrapé des proies, ce qui le rassura quant à leur capacité à nourrir tout le monde.

Il ne se garda qu'une patte pour lui dont il dévora la chair sanglante à grands coups de crocs, laissant le sabot pour plus tard, dans un moment où il pourrait le mâchonner tranquillement. Ses os protestèrent quand il se releva, car la chasse l'avait fatigué, et l'appréhension de ne pas être à la hauteur encore plus, et son corps demandait le repos. Jeune Loup, il ne lui suffit qu'un vif ébrouement pour réveiller ses muscles endoloris d'un souffle nouveau.

Il appela en priorité les Louveteaux qu'il accueillit avec joie au milieu de ses pattes. Qu'il aimait jouer avec eux ! Leur énergie et leur naïveté remplissaient son cœur de joie. Il devait néanmoins accomplir sa mission et il les renvoya rapidement vers la viande fraîche d'une petite tape de la truffe sur la croupe. Puis il déchira de larges portions des flancs pour les mener lui-même aux Anciens. Montagne Crépusculaire avait un regard éclairé, et un sourire en coin, lorsqu'il le regardait, mais Pic Enneigé ne se garda pas de lui reprocher son choix de portion, même s'il attaqua sa part avec des crocs affamés. Quand il s'aperçut que le jeune Loup ne prêtait pas attention à ses grogneries, il prit à témoin Esprit d'Androsace. Firmament Cendré s'éloigna avant d'entendre la réponse du vieux Guérisseur.

De ce qu'il restait du chevreuil, le reste des Loups pouvait se le partager en attendant le retour des autres chasseurs. Il se coucha au pied du promontoire du Chef, convaincu qu'il devait continuer à veiller sur sa Meute tant que Lune d'Antan n'était pas revenu. La maladie leur avait pris leur Guérisseur et leur Lieutenant, ils avaient besoin de protection. Il ne pensait pas être le plus indiqué dans ce rôle de veille. Il n'avait pas encore la sagesse et la prudence de l'expérience accumulée après des saisons de vie. Mais Lune d'Antan lui avait personnellement donné cette tâche.

Firmament Cendré posa sa tête sur ses pattes, les yeux attentifs observant l'ensemble du camp. Après quelques souffles dans un silence tranquille, un petit jappement de contentement s'échappa d'entre ses babines. Cette journée de chasse allait sans doute constituer l'un de ses plus beaux souvenirs.

Fin
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